Méditation du jour !
Romains 12,1-16
Métamorphosés !
En tant que chrétiens évangéliques nous croyons en la réalité de la conversion, ce moment où nous rencontrons Jésus-Christ d’une manière particulière, ce moment qui va provoquer en nous un changement radical. On parle de nouvelle naissance, du début d’une nouvelle vie pour décrire le moment où nous sommes devenus chrétiens.
Mais qu’y a-t-il réellement de nouveau dans notre vie ? Qu’est-ce qui a changé par rapport à avant ? Oui, nous avons une nouvelle relation à Dieu, oui nous ne faisons plus la grasse mat’ le dimanche matin mais allons à l’église… Mais notre vie a-t-elle été réellement transformée au point de pouvoir parler d’une vie nouvelle ?
Pourtant, Paul dans l’épître aux Romains nous dit : « soyez transformés ! », littéralement « métamorphosez-vous ! »…. Qu’entend-il par là ? Nous ne sommes certainement pas des robots qui se transforment à la manière de ceux du film Transformers (cf. image)…
Généralement, lorsque nous devenons chrétiens, notre corps humain ne se transforme pas tout à coup : avant de me convertir, je faisais 1m60 pour 90kg, j’avais des traits peu avantageux et des abdos kro… maintenant, Christ a changé ma vie : je fais 1m80 pour 80kg, plutôt beau gosse, au physique avantageux, musclé comme schwarzi… Non, malheureusement, ça ne se passe pas comme cela…
De la même manière, en rencontrant Christ, nous ne changeons pas tout à coup de statut social : avant j’étais un pauvre ouvrier travaillant dur pour pouvoir payer le loyer de mon f2 avec vue sur la déchetterie… et maintenant je suis multi-milliardaire et mon plus grand souci chaque matin est de savoir si je vais prendre la limousine, l’hélico ou le jet… Non, rencontrer Christ ne transforme ni notre statut social et ne nous fait pas devenir riche…
Alors, en quoi avons-nous une nouvelle vie en Jésus-Christ ? Comment la Bible peut-elle dire que nous sommes nés de nouveau, régénérés, transformés, que nous sommes une nouvelle créature… si rien n’a changé ?
En quoi notre identité de chrétien est-elle si différente ?
Lecture Romains 12,1-16 :
1 Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte spirituel.
2 Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez–vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
3. En vertu de la grâce que Dieu m’a faite, voici ce que je dis à chacun d’entre vous : ne soyez pas prétentieux ; n’allez pas au–delà de ce à quoi vous devez prétendre, tendez au contraire à une sage appréciation de vous–mêmes, chacun selon la part que Dieu lui a donnée dans son oeuvre régie par la foi.
4 Chacun de nous a, dans un seul corps, de nombreux organes ; mais ces organes n’ont pas la même fonction.
5 De même, alors que nous sommes nombreux, nous formons ensemble un seul corps par notre union avec le Christ, et nous sommes tous, et chacun pour sa part, membres les uns des autres.
6 Et Dieu nous a accordé par grâce des dons différents. Pour l’un, c’est la prophétie : qu’il exerce cette activité conformément à notre foi commune.
7 Pour un autre, c’est le service : qu’il se consacre à ce service. Que celui qui a reçu un ministère d’enseignement enseigne.
8 Que celui qui a reçu un ministère d’encouragement encourage. Que celui qui donne le fasse sans arrière–pensée ; que celui qui dirige le fasse avec sérieux ; que celui qui secourt les malheureux le fasse avec joie.
9 L’amour ne sait pas mentir. Ayez donc le mal en horreur, attachez–vous de toutes vos forces au bien, notamment en ce qui concerne :
10 –l’amour fraternel : soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; –– l’estime mutuelle : faites passer les autres avant vous ;
11 –l’ardeur : n’hésitez pas ; –– l’Esprit : soyez bouillants ; –– le Seigneur : soyez de bons serviteurs ;
12 –l’espérance : qu’elle soit votre joie ; –– l’épreuve : qu’elle vous trouve pleins d’endurance ; –– la prière : qu’elle soutienne votre persévérance ;
13 –les besoins de ceux qui appartiennent à Dieu :soyez–en solidaires, toujours prêts à pratiquer l’hospitalité.
14 Demandez à Dieu de faire du bien à ceux qui vous persécutent : oui, demandez du bien pour eux, ne demandez pas du mal !
15 Partagez la joie de ceux qui sont dans la joie, les larmes de ceux qui pleurent.
16 Ayez les uns pour les autres une égale considération sans viser à ce qui est trop haut : laissez–vous au contraire attirer par ce qui est humble. Ne vous prenez pas pour des sages.
Une nouvelle vie !
Imaginez qu’un beau matin on sonne à votre porte et que l’on vous offre une nouvelle vie : une vie sur une île paradisiaque au soleil, avec tout ce que vous désirez : maison, piscine, superbe voiture, etc… Certainement que votre première réaction serait de dire : où est l’arnaque ? Mais Dieu nous offre bien plus qu’une vie tranquille sur une île paradisiaque : il nous offre la vie éternelle dans le paradis même ! Et cela sans raison, uniquement par amour, sans que nous ne méritions rien… Et savez-vous quoi : il n’y a pas d’arnaque !Comment réagissons-nous à ce cadeau merveilleux que Dieu nous fait ? Les 11 premiers chapitres de l’épître aux Romains sont un enseignement sur l’œuvre du salut en Jésus-Christ. En 11 chapitres, Paul va expliquer comment par le sacrifice de Jésus-Christ à la croix, nous pouvons être justifiés devant Dieu… 11 chapitres pour parler de l’amour de Dieu, 11 chapitres qui parlent de grâce… 11 chapitres magnifiques sur ce qui ne nous a rien coûté… 11 chapitres sur ce que nous recevons gratuitement en Christ… Mais voilà, l’épître aux romains ne s’arrête pas à la fin du chapitre 11, mais il continue avec les chapitres 12 à 15 qui vont parler concrètement de ce qu’implique la nouvelle vie du croyant… Et le premier verset du chapitre 12 introduit ce qui va suivre :« 1 ¶ Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte spirituel. »Remarquez le « donc » au début de ce verset : Paul relie ce qu’il va dire à ce qui précède … Les exhortations pratiques que Paul va donner à partir du chapitre 12 s’appuient sur l’enseignement du salut par la grâce qui est exposé dans les 11 chapitres qui précèdent. Si nous sommes appelés à offrir nos corps en sacrifice ce n’est pas parce qu’il en dépend de notre salut… mais bien parce que Dieu, dans son immense bonté, nous a tout donné et a tout sacrifié pour nous sauver : le sacrifice que Dieu nous demande de faire n’est pas un sacrifice pour le pardon de nos péchés, mais un sacrifice de louange… En consacrant notre vie à Dieu, en agissant d’une manière digne de son amour, en obéissant à sa Parole, nous rendons un culte à Dieu : voilà ce que Paul nous dit au premier verset du chapitre 12.Dieu nous donne la vie éternelle gratuitement et sans que nous le méritions : la moindre des choses est que nous le remercions pour cela…
La vie que nous sommes amenés à vivre en tant que chrétien est une vie d’adoration, c’est bien ce que nous dit Paul. Nous sommes appelés à être des adorateurs en Esprit et en vérité et non des adorateurs qui apportent des sacrifices de temps en temps au Temple de Jérusalem et puis rentrent chez eux tranquillement… Le début de l’épître aux Ephésiens nous dit que nous avons été prédestinés de toute éternité à célébrer la gloire de la grâce de Dieu…
Si nous disons vivre une vie nouvelle en Christ, cette vie doit d’abord être une vie d’adoration. Désormais nous ne vivons plus pour nous-mêmes mais nous vivons pour Dieu.
Voilà la grande nouveauté de notre vie avec Christ : en Christ, nous arrêtons de regarder notre nombril : nous commençons par lever notre tête et regarder à Dieu puis nous regardons vers ceux que Dieu regardent, vers les hommes et les femmes qui nous entourent… Le chrétien ne vit plus pour lui-même, il ne cherche plus son auto-satisfaction, il ne cherche plus son plaisir personnel, il ne cherche plus à avoir toujours plus pour lui… Le chrétien est transformé pour regarder ailleurs que vers son nombril… Désormais nous ne vivons plus pour nous-mêmes. Désormais toute notre vie doit être un culte spirituel à notre Dieu, désormais nous sommes appelés à offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu.
Un corps nouveau
Remarquez que Paul ne nous invite pas à offrir nos « cœurs » en sacrifice mais bien nos « corps »… C’est facile de dire à Dieu : je te donne mon cœur… mais dire à Dieu je te donne mon corps… je veux te louer par mon corps… je veux te louer à travers ce que mes mains font pour les autres… je veux te louer à travers ce que ma bouche dit… je veux te louer à travers ce que mes yeux regardent…. je veux te louer en faisant aller mes pieds là où tu veux qu’ils aillent… ça devient plus concret… plus difficile…
Les grecs de l’époque de Paul avaient tendance à dénigrer l’importance du corps pour mettre en avant l’esprit… Certains courants du christianisme ont aussi eu tendance à dire qu’il faut faire taire notre corps pour élever notre esprit… D’autres vont dire que ce qui compte c’est l’esprit, peu importe ce que nous faisons de notre corps…
Paul montre que notre relation à Dieu n’est pas seulement spirituelle, elle n’est pas une réalité diffuse invisible qui n’a aucun impact sur le monde concret… Non, notre relation à Dieu doit se voir concrètement : elle implique aussi notre corps et ce que nous en faisons.
D’ailleurs, si vous lisez les chapitres 6 à 8 de Romains, vous verrez que notre corps est renouvelé en Jésus-Christ : en effet, il est dit que notre corps pécheur est mort en Jésus-Christ… Devant Dieu nous n’avons plus le même corps lorsque nous avons accepté Jésus-Christ ! Nous n’avons plus un corps pécheur mais un corps saint qui est le Temple du Saint-Esprit et qui est appelé à louer Dieu. Certes, cela ne se voit pas avec nos yeux humains, mais notre corps en Jésus-Christ a été renouvelé, tout comme notre Esprit. Et bien sûr, ce renouvellement n’est qu’un préambule de ce qui se passera lorsque Jésus nous ressuscitera des morts pour la vie éternelle : là nous aurons un nouveau corps, un corps incorruptible nous dit l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 15 ! Le rêve non ? Un corps qui ne vieillit pas ?Notre corps a de la valeur pour Dieu : il est le Temple du Saint-Esprit. Dieu ne nous a pas créés comme des êtres immatériels qui planent dans le vide intersidéral : il nous a donné un corps dont nous ne pouvons pas nous dissocier. Il nous a donné un corps pour que nous puissions le louer par nos œuvres. Il nous a donné des pieds pour que nous puissions avancer vers là où il nous conduit. Il nous a donné des mains pour que nous puissions aider et secourir ceux qui sont dans le besoin. Il nous a donné une bouche pour que nous puissions bénir et proclamer la vie autour de nous. Allons-nous faire de ce corps nouveau ce à quoi il est destiné ? Allons-nous abandonner la vision égocentrique du corps que nous propose notre société : un corps fait pour nous donner du plaisir, un corps qui doit nous plaire, un corps que nous rejetons lorsqu’il nous fait souffrir ou qu’il n’est pas conforme aux normes de notre société… Ce corps-là est le corps pécheur qui est mort avec Christ à la croix. Le corps renouvelé que Dieu nous donne en Jésus-Christ est celui qui a été créé uniquement pour une chose : non pas pour notre bon plaisir, mais pour le bon plaisir de Dieu. Un corps destiné à louer Dieu !
Des pensées nouvelles
Mais la métamorphose que Dieu opère en nous lorsque nous devenons chrétiens ne se limite pas à notre corps, elle touche également nos pensées.
Le verset 2 de notre passage nous dit : « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez–vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. ».
En Jésus-Christ, Dieu veut nous transformer en renouvelant nos pensées. Peut-être avez-vous dans votre Bible, le mot intelligence à la place de pensée… Sachez qu’en fait, en grec le mot désigne tout ce qui constitue l’être intérieur : cela implique nos pensées, nos réflexions, nos sentiments… Dieu veut transformer notre manière de penser, notre manière de voir et de vivre les choses… Nous ne devons plus nous laisser modeler par la façon dont ce monde réfléchit ou voit les choses, mais renouveler nos pensées pour discerner la volonté de Dieu. Là encore nous sommes appelés à tourner nos pensées vers Dieu : il nous faut détacher nos regards de ce que nos yeux humains voient et voir avec les yeux de Dieu. Il nous faut arrêter de regarder à notre propre nombril mais penser comme Dieu pense.
Et c’est ce que Paul nous invite à faire dans les versets 9 et suivant de notre passage :Lorsque la société m’invite à penser « les autres ne m’aiment pas », Dieu me dit de penser à aimer l’autre. Lorsque la société me fait passer avant l’autre, Dieu me dit de faire passer les autres avant moi. Lorsque la société me dit « n’en fais pas de trop », Dieu me dit : « fais du zèle ». Lorsque la société m’invite à dominer l’autre, Dieu me demande d’être son serviteur. Lorsque la société m’invite à douter de tout, Dieu me demande de me réjouir de mon espérance. Lorsque la société m’invite à m’enrichir et à défendre mon pouvoir d’achat, Dieu m’appelle à partager avec ceux qui sont dans le besoin. Lorsque la société crie vengeance, Dieu crie : « bénissez ceux qui vous persécutent ». Lorsque la société croit en la toute-puissance de l’homme, Dieu m’invite à l’humilité. Lorsque la société pense tout savoir, Dieu me dit de ne pas être prétentieux. Lorsque la société pense qu’il n’y a pas de Dieu, Dieu lui-même vient sur cette terre pour me prouver le contraire !
Quelles sont nos pensées ? Comment voyons-nous les choses ? Comment vivons-nous les choses quand tout ne se passe pas comme prévu ? A la manière de ce monde qui perd la tête lorsqu’il sent qu’il ne peut plus tout maîtriser… Ou confiants dans la volonté d’un Dieu qui est tout-puissant, souverain, éternel, immuable, immensément grand, riche en bonté, lent à la colère, plein d’amour, patient, compatissant, trois fois saint, au-dessus de tout, créateur de toutes choses, omniscient, omniprésent, omnipotent, l’alpha et l’omega, le commencement et la fin, le premier et le dernier… Il est Dieu, lui seul est Dieu. Lui seul connaît objectivement toutes choses bien mieux que le meilleur scientifique de notre temps. Lui seul a des pensées plus élevées que le meilleur des philosophes de notre siècle. Lui seul connaît notre corps mieux que le plus grand spécialiste en médecine. Lui seul connaît notre être intérieur bien mieux que le meilleur des psychiatres. Allons-nous nous laisser modeler par le monde actuel ? Ou allons-nous laisser notre Dieu transformer nos raisonnements, renouveler nos pensées, toucher nos émotions et notre ressenti ?
Une nouvelle vision de soi
Dieu veut renouveler notre corps. Dieu veut renouveler notre être intérieur. Pour cela, il nous faut voir les choses comme lui les voit. Et cela commence par savoir nous examiner d’une manière nouvelle.
Le verset 3 de notre passage dit : « Ne soyez pas prétentieux ; n’allez pas au–delà de ce à quoi vous devez prétendre, tendez au contraire à une sage appréciation de vous–mêmes, chacun selon la part que Dieu lui a donnée dans son œuvre régie par la foi. »
La première application que Paul propose pour ceux qui acceptent d’être renouvelés en Christ, est d’avoir une sage appréciation de soi-même. Paul nous invite à être renouvelés dans notre intelligence pour savoir qui nous sommes réellement. La première étape dans la vie du chrétien est de savoir qui il est en Christ et d’être à la bonne place dans ce à quoi Dieu l’appelle.
Bien sûr, Paul ne nous invite ici aucunement à se centrer sur soi. A la différence de l’individu pécheur qui s’intéresse de savoir qui il est pour pouvoir mieux s’affirmer en tant qu’individu dans sa toute-puissance, Paul nous invite à nous examiner dans l’humilité. Il nous demande de nous examiner d’une manière différente de celle des hommes prétentieux : il veut que nous nous voyons tels que nous sommes au regard de Dieu. Des hommes pécheurs, qui ne méritent rien… mais à qui Dieu a tout donné en Jésus-Christ…
Et Paul dit que Dieu a donné à chacun des dons différents… Le mot don en grec est le mot charisma qui vient de la même racine que le mot grâce - charis. Si nous voulions traduire de manière plus littérale le verset 6, nous aurions : « nous avons reçus des grâces selon la grâce qui nous a été donnée ». Paul insiste bien sur le mot grâce : les talents, les fonctions, les capacités que nous avons reçues de Dieu ne sont aucunement mérités, ce sont des cadeaux, des capacités que Dieu nous donne tout simplement par amour.
Par conséquent, nul ne peut se vanter de ce qu’il a reçu tel ou tel don, tel ou tel appel, tel ou tel ministère. Et nul ne peut dire : pourquoi n’ai-je pas plutôt reçu ce don qu’un autre ? Si Dieu est souverain dans sa manière de répartir les dons : c’est qu’il fait les choses parfaitement. Si Paul nous demande de chercher à savoir qui nous sommes, c’est ici dans l’optique du service au sein du corps de Christ. L’image du corps est une image forte chez Paul : elle nous aide à comprendre l’unité de l’église malgré la diversité de ceux qui la composent. Chaque membre de l’église, chaque chrétien est un membre du corps du Christ qu’il le veuille ou non. Et comme dans le corps humain, chaque membre, chaque organe a une fonction particulière, chaque chrétien a une fonction particulière dans le corps du Christ.Là aussi, Dieu veut renouveler notre vision : il veut que nos pensées soient amenées à voir l’église d’une autre manière. L’Eglise n’est ni un bâtiment, ni un lieu et ni même une structure qui organiserait de la louange, de l’enseignement ou de l’évangélisation. L’Eglise est un corps dont nous sommes les membres. Et dans un corps tous les membres, tous les organes sont utiles.Cette image de l’Eglise, corps du Christ est développée dans le chapitre 12 de la première épître aux Corinthiens. Et à mon avis, on peut mettre en avant 3 mauvaises conceptions de nous-mêmes que nous pourrions avoir :- La première erreur serait de se prendre pour le corps alors que nous ne sommes qu’un petit organe. C’est croire que nous pouvons nous suffire à nous-mêmes. Croire que nous n’avons pas besoin des autres pour former l’église. Mais honnêtement, vous avez déjà vu un petit doigt se balader tout seul dans la rue… (à part dans une pub télé…). Un des principes de base de la médecine est qu’un organe que l’on sépare du reste du corps meurt. Un organe seul ne peut pas survivre sans le corps.- La deuxième erreur serait d’être un organe qui se prend pour un autre. Imaginez qu’un œil commence à vouloir se prendre pour un pied… vous avez déjà essayé de marcher avec vos yeux ? Si Dieu nous a créé tel que nous sommes, s’il nous a donné certaines capacités, ce n’est pas pour que nous commencions à vouloir être quelqu’un d’autre que celui que nous sommes réellement. Il est important d’être à notre place. Et c’est pour cela que Paul nous demande d’avoir une sage appréciation de nous-mêmes. Pour connaître notre place, il faut savoir qui nous sommes devant Dieu : quels sont les dons spécifiques que Dieu m’a faits, quels sont les capacités que Dieu m’a données ? Car si nous sommes chrétiens, nous sommes de fait membres du corps de Christ. C’est une certitude biblique. La question est donc de savoir quel genre de membre sommes-nous ? Un pied appelé à faire avancer l’église par l’exhortation. Une main appelée à servir ? Une bouche appelée à enseigner ou à proclamer l’évangile ? Un cœur appelé à donner le rythme ? Une articulation appelée à faire tenir les membres entre eux ? La Bible ne donne nulle part une liste exhaustive de tous les dons que Dieu fait à chacun de ses enfants. Mais ce qui est sûr c’est que chacun a sa place au sein du corps du Christ. Et ce ne sont que les hommes qui honorent un type de service plus qu’un autre. Devant Dieu, celui qui est appelé à prêcher n’a pas plus de mérite que celui qui est appelé à travailler de ses mains dans le bâtiment. Celui qui dirige la louange n’a pas plus de mérite que celui qui est appelé à faire des démarches administratives pour l’église. - La troisième erreur serait d’être un organe inactif. Parfois, il existe des membres qui savent qui ils sont, qui connaissent leurs dons et leurs appels et qui cependant restent inactifs. Un organe inactif dans le corps humain peut entraîner des souffrances dans tout le reste du corps qui doit compenser ce que cet organe ne fait plus. Un pied qui devient inactif est un handicap pour tout le corps. En 1 Corinthiens 12, Paul nous dit que lorsqu’un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre. Dans notre passage, Paul invite chacun à mettre en œuvre le don qu’il a reçu. Cela peut surprendre que Paul exhorte celui qui a un don de service à servir, celui qui a un don d’enseignement à enseigner, celui qui a un ministère d’encouragement à encourager… Cela semble une évidence même ! Mais pourtant…Nous étions surpris en dépouillant les réponses aux questionnaires que plusieurs d’entre vous ont remplis de voir comment l’église peut être vue comme une structure qui organise des choses. L’Eglise mes amis, je le répète, n’est ni une structure, ni un lieu, ni quelque chose dont on peut se distinguer pour la critiquer : l’Eglise est le corps de Christ dont nous sommes les membres, nous tous qui confessons Christ. L’Eglise c’est nous tous ensemble et chacun d’entre nous y a un rôle à jouer autre que celui de chauffer une chaise le dimanche matin.Nous sommes tous appelés à servir dans l’église, à utiliser nos dons pour l’utilité commune. Et si ce n’est pas le cas, alors, nous allons tous nous fatiguer.
Conclusion :
La question de l’identité est un problème important au sein de notre société actuelle. Et malheureusement, on a parfois l’impression que ce problème existe aussi au sein de nos assemblées. Beaucoup ne savent pas qui ils sont vraiment devant Dieu, quels sont leurs dons, quelle est leur identité en Christ… Par conséquent ils ne savent pas prendre leur place ni dans l’église, ni dans leur famille, ni dans la société…
Pourtant si Dieu nous a appelés de la mort à la vie, s’il nous a fait naître de nouveau ce n’est pas simplement pour que nous venions à l’église le dimanche matin. Dieu a changé nos vies : nous le croyons, nous le disons… mais nos vies ont-elles réellement changées depuis que nous avons rencontré Christ ?
Dieu faire de nos vies réellement des vies nouvelles pas seulement en espérance, mais des vies différentes déjà ici bas… Il nous appelle à prendre conscience dès maintenant que notre corps a été renouvelé en Christ et que désormais nous sommes appelés à faire de notre corps un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu. Nous sommes appelés à utiliser nos corps pour louer Dieu à travers nos actes de tous les jours. Notre nouvelle identité en Christ ne nous donne pas seulement un nouveau corps mais elle transforme nos raisonnements. Dieu veut renouveler nos pensées afin que nous voyions les choses comme lui.
Et enfin, notre nouvelle identité en Christ se vit au sein de son corps. Nous sommes membres du corps du Christ. Vous rendez-vous compte de ce que cela implique ? L’image est forte ! Nous ne sommes pas membres d’un club de gens qui adorent Christ. Nous sommes une partie de son corps : nous sommes ses mains, se pieds, ses yeux, sa bouche… quelle responsabilité ! quelle grâce imméritée ! quelle confiance de la part de Dieu !
Par : Timothée Minard